lundi 30 septembre 2013

Je reprends les transports en commun

"Je reprends les transports en commun"

Quand je prononce cette phrase devant mes collègues, ils me regardent d'un air navré, compatissant, comme si je leur annonçais que je venais de perdre mon travail...

Quand je leur dis qu'en plus je double mon temps de trajet par rapport à la voiture, là, c'est l'incompréhension totale !

Pourquoi ?

En fait, j'ai pris cette décision le jour où, mon mari cherchant une solution pour que notre grosse voiture roule moins, m'a fait visiter les concessionnaires de la région pour trouver une petite auto... Et là, j'ai dit non : on ne va quand-même pas s'acheter une 3ème voiture !

Du coup je lui ai dit qu'en septembre, je reprendrai les transports en commun. Ben oui, maintenant le soir je n'ai plus à courir pour rentrer tôt m'occuper de mes enfants. Ils sont grands, et bientôt il n'y en aura plus qu'une, qui se débrouille très bien sans moi... (et est ravie que je ne la voie pas devant ses cucuteries de téléréalité genre "Les Chtis à Holliwood" et autre Nabila-débilité !)

Au début il ne me croyait pas, mon mari...

Mais si, je suis allée chercher ma carte Navigo intégrale fin août (à 8h du mat), j'ai pris un abonnement au parking de ma gare, et hop ! dès le 2 septembre, me voilà usagère des transports en commun !

Comme il y a plus de 15 ans... Cela me rajeunit !

Mais malheureusement, peu de choses ont changé en 15 ans... Les trains sont les mêmes. Parfois on a même les vieux trains sans étage qui grincent et branlicottent !

Les RER sont les mêmes et encore moins à l'heure.
Les trains transiliens, eux, sont presque plus fiables par contre !

La première semaine, j'ai tout eu :

- le quai bondé (je ne savais pas si c'était normal)

- le train supprimé (attendre le suivant 20 mn plus tard)

- trains surchauffés alors qu'il fait déjà 30 dehors (si, si, il y avait du chauffage !)

- les retards de RER qui font arriver 15 mn plus tard que la théorie (cf site vianavigo ou transilien)... Je devrais mettre 36 mn Train + RER, je n'y suis jamais arrivée en 1 mois !

Les communications SNCF sont redoutables : les RER auront un retard dû à une "présomption de danger !".  On ne me l'avait jamais faite celle-là !
Ah, si, il y a du changement par rapport à il y a 15 ans : il y a des télés maintenant, pour annoncer chaque train.
 
Pour le RER, il y a les télés ET des panneaux lumineux où les gares allumées sont celles où le RER s'arrête. Mais attention : il ne faut pas se fier à ces panneaux lumineux : seule la télé est fiable ! J'ai failli me faire avoir en sautant dans un RER à quai, et qui ne s'arrêtait pas à ma gare alors que le point était allumé (vous me suivez ?)
 
J'ai testé pour vous aussi le RER bondé où on n'a pas besoin de se tenir, et où on a envie de chanter "Ah qu'est-ce qu'on est serrés au fond de cette boite, chantent les sardines...". Avec aussi un maître chien et son toutou qui hurle à la mort, n'ayant plus d'oxygène à son niveau...
Et j'ai attrapé mon premier rhume que j'attribue aussi aux transports en commun (faut bien un coupable) !


Mais bon, une fois qu'on a compris le système, on se dit qu'il faut se résoudre à ne pas être à l'heure et anticiper les retard de RER surtout au retour pour être sûre d'avoir le train (qui est dans l'ensemble assez ponctuel)...


Maintenant, il faut voir le bon côté des choses :

1- je bouge ! Du train au RER, descente puis montée d'escalier. Du RER au boulot : beaucoup d'escaliers !

2 - je gaine ! Dans le RER je suis debout durant 5 à 10 mn (ça dépend s'il a "2 de tension" comme le disait une djeun). Je fais donc l'air de rien mes petits exercices de gainage : on serre le ventre, les fesses, le périnée...

3 - je lis ! J'ai avalé deux policiers en 3 semaines. Car par rapport à certain collègues qui ont autant de transport que moi, j'ai la chance d'être assise 25 mn par trajet.

4 - je joue avec mon iPhone, mais pas trop, à ma grande surprise !

5 - j'observe ! J'imagine la vie des passagers autour de moi...

Et en plus je fais des économies (d'essence, de péage, d'usure de la voiture...) et mon empreinte carbonne est nettement diminuée !


Alors, les ours polaires, on dit merci qui ?

lundi 22 juillet 2013

Une sortie en canoës... mémorable !

 
On était tous très bien partis pour passer cette journée à pagayer gaiement au gré des courants de la Dordogne. Mamie Janine avait dit oui, même pas peur, alors qu'elle ne l'avait jamais fait durant ses 75 dernières années. Valérie et ses enfants aussi, mais pas Laurent qui ne sait pas nager. Même Marie avait dit oui, sans que Clémence n'ait à trop insister au téléphone, à la grande surprise de Patrick ! Patricia avait eu une bonne idée, de nous faire profiter en partie de son cadeau offert  par ses collègues : une journée à Quercy Land pour 4 personnes ! Ne riez pas, Quercy Land ça existe, et c'est le paradis des enfants avec ses manèges, jeux gonflables, jeux d'eau, parcours d'acrobranches... et sa descente en canoës !
 
Donc nous voici tous les 12 (nous 5 + Patricia + Mamie Janine + Valérie, Salomé, Baptiste + Patrick et Marie) à l'heure du rendez-vous à Souillac, et de bonne humeur !
On nous distribue un bidon par canoë (nous avions fait des groupes de 3) et des gilets de sauvetage. Et en route pour prendre le bus ! Oui, nous prenons le bus qui nous dépose en amont et nous nous retrouvons ici en fin de parcours en canoës. (Bon, Fabrice se frite un peu avec le chauffeur de bus, qui voulait tous nous précipiter dans son véhicule plein sans savoir s'il y aurait assez de place... Mais ça, c'est pour mettre un peu de piquant !)
 
Nous arrivons à Lacave, un très joli site, où, si on avait le temps, on pourrait visiter une belle grotte à bord d'un petit train. Mais nous ne sommes pas là pour ça ! On s'équipe, on remplit les bidons étanches, et un jeune moniteur nous donne quelques consignes en anglais et en français. Nous comprenons tous très bien son anglais !
 
 
Il nous dit que lorsque nous arriverons à proximité d'un petit château, il faudra bien se mettre sur la droite pour éviter les remous... OK, pas de problème, on enregistre les consignes.
 
Nous partons 3 par 3 sur une petite rivière qui rejoindra la Dordogne un peu plus loin.
Canoë numéro 1 : Valérie + Salomé + Lucie. ça commence fort : Valérie met un pied dans le canoë, et la voici coincée en faisant le grand écart ! Impossible de se redresser !
Canoë numéro 2 : Patricia + Nicolas + moi. Là, Nicolas ne veut pas marcher dans la rivière froide, il est pieds nus et les cailloux lui font mal... Mais on y arrive !
Canoë numéro 3 : Fabrice + Baptiste + Mamie Janine... rien à signaler !
Canoë numéro 4 : Clémence + Marie + Patrick... rien à signaler non plus.
 
Et c'est parti !
 
 
Nicolas arrive même à pagayer à l'endroit ! Incroyable ! Il y a 2 ans, j'avais renoncé quand on était allés sur l'Argens avec mes parents et ma soeur...
Je trouve néanmoins que le canoë tangue étrangement à chaque coup de rame, et à chaque mouvement de hanche de Nicolas...
 
Nous arrivons à l'endroit un peu difficile...
 
 
Je range mon appareil photo dans sa pochette. En fait, c'est la Dordogne qui vient de la droite et fait des remous avec notre rivière dans le virage sur la gauche. Devant, nous voyons le canoë numéro 1 qui dévie sur la gauche... Nous crions : "A droite !" Elles répondent : "On ne peut pas !" et les voilà parties sur la gauche en suivant le courant... A nous... On essaie d'aller à droite, mais les courants nous emportent. Derrière, Fabrice crie "A droite ! " Je réponds "On peut pas !" Et là, panique à bord. Nicolas bouge (un peu trop ?) et le canoë se retourne sans prévenir ! Il se retourne complètement et se retrouve à l'endroit entièrement rempli d'eau... Je crains même qu'à un moment il ne s'enfonce comme le Titanic ! Tout se passe très très vite. Nicolas s'agrippe bien au canoë et moi je tiens le canoë d'un côté, le bidon de l'autre. Patricia réagit très bien. Elle rit pour dédramatiser la situation et encourage Nicolas qui n'a pas peur... Tant bien que mal, nous arrivons sur la rive droite. Il n'y a pas beaucoup de profondeur, heureusement. Fabrice et Patrick viennent à notre secours et sortent le canoë pour le retourner et le vider... Un canoë plus moderne s'arrête. Une équipière nous demande si tout va bien et nous dit que très souvent, à cet endroit là, elle rencontre des gens avec le même type de canoë que nous et qui se retournent ! Bon, dans la bataille, j'ai perdu ma casquette (pas grave), et dans un sac hors bidon, il y avait des rouleaux de sopalin, qui n'ont pas absorbé toute l'eau de la Dordogne (pas grave), mais mon appareil photo a pris l'eau et ça, c'est plus ennuyeux ! Je ne vais plus pouvoir immortaliser la suite de nos péripéties !
 
Allez, c'était le seul endroit un peu craignos on va dire, sinon, il nous l'aurait signalé le jeune moniteur ! ça nous a bien rafraîchis, l'eau était bonne... J'avais 2 paires de lunettes sur les yeux : celles de vues + les lunettes de soleil, ça a bien tenu ! Bref on s'en sort plutôt bien... A part mon appareil photo !
 
C'est vraiment dommage car la promenade est magnifique. Sur l'eau, par endroit, il y a des nappes entières de petites fleurs blanches soutenues par de grandes tiges qui nagent à la surface de l'eau. Et des nuées de libellules bleutées qui viennent les butiner... De très jolies falaises avec des grottes jalonnent le parcours... A un moment, nous croisons tout un troupeau de vaches qui, sur le bord de la rivière prennent leur bain, les pattes dans l'eau ! "Prends une photo !" me crie Fabrice pour me faire enrager... Nous avons un temps de rêve. Et comme nous avons pris l'eau, nous sommes bien... Les autres ont trop chaud !
 
Bon, mais les émotions ça creuse, alors nous nous arrêtons sur une petite plage pour pique-niquer. Là aussi c'est très beau. A défaut d'appareil photo, je sors mon iPhone (qui lui est bien au sec dans un bidon)... Malgré tout, les bidons ne sont pas étanches, car le nôtre avait un peu d'eau au fond !
 
 
 
 
 


 
Nous déjeunons à l'ombre sous des arbres qui nous déversent leurs chatons vaporeux. On a l'impression qu'il neige, c'est très beau ! Bon, il y a aussi quelques moustiques, mais il ne s'attaquent qu'à Marie !
 
Puis nous reprenons nos pirogues, car c'est plus comme ça qu'il faudrait les appeler nos canoës... En plus ils sont très lourds, et très instables, je le répète. Nous échangeons Nicolas contre Baptiste qui se met à l'avant, et Patricia au milieu... Mais au bout de quelques mètres, Patricia reprend sa place devant, car ça tangue encore plus sinon.
 
Nous passons sans problème quelques passages délicats. Le canoë numéro un reste un peu coincé sur un banc de cailloux, mais ça repart... Baptiste nous fait la leçon et se moque de nous qui avons chaviré le matin. Avec lui, ça ne peut pas arriver !
 
Puis, à un moment, au milieu du fleuve git un gros ballot (avec 2 L) de paille. Nous le contournons sans problème, mais malheureusement pas le canoë numéro 1... qui se renverse à son tour ! Les 3 filles sont à l'eau, et 2 pagaies ne suivent pas le mouvement : une reste en amont, et l'autre part avec le courant et avec une chaussure de Valérie, les lunettes de soleil de Lucie, une tong de Salomé, mais surtout... les lunettes de vue de Salomé ! Malheureusement, ni la tong ni les lunettes ne seront repêchées, contrairement à la pagaie et la 2ème chaussure qui sont récupérées par le canoë numéro 3 (Fabrice, vous suivez ?). Valérie tente, tel le saumon, de remonter le courant pour récupérer la pagaie en amont, mais en vain. Nous garons notre canoë, je mets les filles en sécurité et avec Patricia et Patrick, habitués, nous retournons le canoë pour le vider... Puis Patrick remonte la rive à pieds pour aller chercher la pagaie restée coincée en amont. Quel ange ce Patrick !
 
Ils ne sont vraiment pas stables ces engins, ils ne pardonnent aucune faute de navigation !
 
"A qui le tour, dis-je ? Jamais deux sans trois !" Marie n'est pas d'accord et veut rentrer à pieds...
 
Qu'elle se rassure, les 3èmes, c'est encore nous ! Pas de bol : une branche nous barre la route, impossible de la contourner, on pensait passer en dessous, c'est ce qu'on a fait. En dessous, mais dans l'eau ! Rebelote, la pirogue se retourne ! Là, Patricia rit moins que la première fois... La lassitude peut-être ? Baptiste regrette d'être monté avec nous, on lui porte la poisse !
 
Nous rentrons au port de Souillac doucement, mais sûrement. Le paysage est toujours aussi beau. Nous croisons d'autres châteaux. Baptiste nous raconte le film "The Others" auquel l'un d'eux lui fait penser... Une histoire de fantômes, c'est rassurant ! Nous croisons aussi un chevreuil noyé, et une famille de canards...
Nous accueillons avec joie le troisième pont, signe que l'arrivée est proche. Salomé ne le voit pas, elle n'a plus ses lunettes !
 
 
Bilan des courses ?
 
La Dordogne a emporté ma casquette, les lunettes de soleil de Lucie, les lunettes de vue de Salomé et la tong de Salomé.
Mon appareil photo a nagé avec moi, il ne fonctionne plus. Mon mari l'a désossé pour qu'il sèche. J'attends mon réparateur préféré avec impatience ! Je n'ai pas pu faire toutes les photos que je voulais, mais ma carte SD a pu être sauvée.
Valérie a une douleur au poignet, ma cheville est enflée, Lucie est couverte de bleus, certains ont quelques coups de soleil et Marie a eu très très peur.
 
Mais sinon, à part Marie, tout le monde a passé une très bonne journée et est prêt à recommencer... mais pas tout de suite !
 
 
 

 
 
 


vendredi 21 juin 2013

Objectif "Mouche Blanc"


Suite des aventures de Nicolas...

Comme il n'était pas chaud pour partir en Belgique, l'équipe éducative de l'IME (où Nicolas est pris en charge) s'est dit : "Il faut travailler la séparation d'avec les parents". Pour cela, ils ont pensé l'intégrer au groupe qui préparait un transfert vers le Mont Blanc...

Ce projet est formidable. 7 jeunes de l'IME (de 16 à 20 ans) partent une semaine au pied du Mont Blanc. Ils rejoignent une classe de lycée professionnel qui les parraine et avec qui ils ont fait des activités tout au long de l'année : tournois de basket, escalade...
Ces parrains vont vivre avec eux dans un gîte afin de mieux se connaître et se comprendre. Ils auront quelques activités en commun, et devront gravir le Mont Blanc pour les 7 jeunes qui leur transmettront un témoin symbolique.
L'ascension du Mont Blanc est trop difficile pour les jeunes de l'IME, l'équipe éducative ne voulait pas prendre le risque d'un échec. Mais les jeunes accompagneront les lycéens jusqu'au point de départ.

Je pense que cette expérience sera riche en enseignements pour tous. Pour les lycéens (plus ou moins en difficultés scolaires), cela leur apprendra le dépassement de soi et le respect de la différence. Pour les jeunes handicapés de l'IME, la vie en collectivité loin des familles qui auraient tendance à les surprotéger, et le fait qu'ils puissent eux aussi apporter un soutien aux lycéens.

Je ne suis pas inquiète, Nicolas est très sociable. Il est parti maintes fois en colo. La séparation provisoire ne lui fait pas peur. Il a bien été préparé par ses éducatrices et enseignantes et était l'élément moteur de tout le groupe. A la maison, il ne cessait de nous parler du "Mouche Blanc" (c'est comme ça qu'il l'appelle, même si, quand on lui fait répéter, il sait prononcer MONT-BLANC").

Alors si vous voulez suivre les aventures de Nicolas au Mouche Blanc, c'est ici :
http://ime.montblanc.overblog.com/

PS : je vous ai dit qu'il était accepté pour la Belgique ? Maintenant il faut attendre, cela peut être très long (un à 2 ans)

mardi 7 mai 2013

Journée décisive en Belgique

Voici ce qu'aurait pu écrire notre Nicolas national (français) sur cette journée en Belgique...


18 avril 2013

Je ne voulais pas y aller, en Belgique. D'abord moi je suis Français, et je veux rester dans mon école. Papa et Maman m'ont dit que maintenant que j'avais 20 ans, je devais partir de l'IME, que je ne pourrai pas y rester jusqu'à 50 ans... Pourtant, je leur ai bien dit que Tata Patricia elle avait 50 ans et qu'elle allait toujours à l'école. Bon, d'accord, elle est institutrice...

Je ne voulais pas y aller en Belgique. Ils m'ont dit que c'est la seule solution pour moi. Pourtant, au départ, ils ont voulu me faire travailler... J'en ai fait des stages en ESAT (NDLR : Etablissement Spécialisé d'Aide par le Travail, c'est le nouveau nom des CAT). J'y suis allé sans trop rechigner... Enfin si, j'ai bien rechigné... Mais j'y suis allé ! J'en ai fait plein : Poissy, Chambourcy, Maule, Andrésy, Mantes... Je ne me suis même pas perdu dans les trains ou les bus pour y aller et en revenir ! Mais ils ont dit que je n'étais pas assez performant... Je voudrais bien vous y voir, vous, emballer des boulons dans des boîtes à longueur de journée...

Du coup, Katia, l'éducatrice de suite, a convoqué mes parents pour qu'on revoit mon orientation... Au préalable, j'avais eu un entretien dans un centre mixte qui se situe entre le foyer occupationnel et le travail. J'ai bien montré ma désapprobation en me couchant sur les tables et refusant de visiter les ateliers... Du coup ils m'ont dit qu'ils n'insisteraient pas, ils avaient beaucoup trop de demandes pour me supplier de venir chez eux. Tant mieux !
Si je ne suis pas apte pour travailler, alors mon seul avenir est le foyer occupationnel. Et là, Katia n'a pas caché à mes parents que c'était plutôt tristoune comme solution pour un jeune comme moi, car tous les âges et tous les handicaps y sont mélangés. C'est pour ça que maman a évoqué la Belgique, où j'avais séjourné quelques temps l'an dernier. Et là, j'ai vu les yeux d'Aurélie, l'assistante sociale, s'illuminer en racontant le Centre de la Reine Fabiola, on aurait dit qu'elle parlait du paradis...

Je ne voulais pas y aller en Belgique. Oui, j'y étais allé l'année dernière une semaine, j'avais adoré. Je m'étais occupé des lapins, j'avais travaillé dans différents ateliers, j'étais allé à la piscine... Mais pour moi, c'était comme des vacances, une colo, pas pour y vivre toute l'année ! Et puis moi je veux rester à la maison avec Papa, Maman, mes soeurs et Clochette le lapin... Ils ont bien compris quand j'ai dessiné le drapeau français et que je l'ai affiché sur la porte de ma chambre ! Moi je suis Français ! Papa m'a dit que j'avais du sang belge par Papy... du sang, c'est dégoûtant...

Je ne voulais pas y aller en Belgique. Ce matin, le jour de notre rendez-vous pour visiter le centre avec Papa et Maman, j'ai barricadé ma chambre avec un fauteuil derrière la porte. Maman a dû venir plusieurs fois me chercher pour que je me lève... J'ai pris tout mon temps pour mon petit déjeuner, à tremper mes petits pains dans mon bol. On avait rendez-vous à 6h30 à l'école, c'est beaucoup trop tôt, c'est l'heure où je me lève d'habitude... Je n'ai pas voulu m'habiller... En plus Maman voulait que je me fasse beau... Elle m'a habillé de force comme un bébé. Mais j'ai remis mon maillot de foot d'Afrique du Sud à la place du polo, non mais qui c'est le chef ? Bon, comme d'hab, Papa et Maman ont crié, je n'aime pas quand on crie... et on est quand même arrivés à l'heure. Aurélie et Isabelle, mon éducatrice référente, nous attendaient et ont rigolé en voyant ma tête...

La voiture de papa non plus ne voulait pas aller en Belgique. A peine arrivés à notre lieu de rendez-vous, elle s'est mise à klaxonner toute seule et à fumer du volant ! Heureusement que nous allions en Belgique avec la Logan de l'école !

On avait prévu de la marge, on a bien fait, car à la frontière il y avait des travaux, et donc des bouchons.
 
 
On arrive, le centre n'est pas loin de la frontière paraît-il. C'est très beau, le paysage. Maman dit que ça lui évoque la Normandie. Le village est très étendu, sur plusieurs hameaux. C'est relativement plat. Les maisonnettes sont coquettes en briques rouges, volets blancs. On a de la chance, il y a un beau "solette" (NDLR : Nicolas dit "Solette" pour Soleil, il faut bien un peu d'authenticité dans ce récit !)


Aurélie gare la Logan sur un grand parking et nous nous rendons au centre administratif. Une dame nous reçoit. Elle a l'air gentille. Elle  me parle doucement et droit dans les yeux pour que je la comprenne bien. Moi je souris, je baisse la tête, mais je la regarde par dessus mes lunettes. Elle a un léger accent et emploie souvent le mot "tantôt" pour dire "toute à l'heure" au passé comme au futur. Nous nous asseyons tous en rond dans une pièce ensoleillée. On nous sert du café. Bien sûr je n'en prends pas. Le café, c'est pour les "dadul" (NDLR : adultes). Tout le monde se présente. La dame s'appelle Suzanne. Je réponds "Comme Mamie". Elle nous présente son stagiaire. Il s'appelle David. Je réponds que je connais aussi un David. Isabelle raconte que je suis quelqu'un de doué mais qui ne veut pas grandir. Moi je raconte que je suis un beau gosse et que j'ai des gros muscles. Comme ça ils sont bien informés. Je leur répèterai plusieurs fois, comme ça ils seront impressionnés.

Suzanne explique le fonctionnement du Centre de la Reine Fabiola. 
La philosophie de ce centre est : tout le monde travaille, quelles que soient ses compétences (ou ses performances). Ce travail est soit utile au fonctionnement du centre (ex : blanchisserie, patisserie, restauration, cultures maraîchaires...) soit lié à la production d'objets ou autres douceurs destinés à être vendus (objets en bois, sacs à main, bougies, chocolat...).
Chacun choisit son atelier, en fonction de ce qu'il aime faire. Puis, en fonction de ce qu'il est capable de faire, il occupera des postes simples ou compliqués.
Pour se rendre au travail, en fonction de son autonomie, on y va à pieds, à vélo ou en bus.
Après le "boulot" comme dit Suzanne, il y a des activités : la piscine, le foot, l'athlétisme... Il y a même des Jeux Olympiques organisés en Belgique tous les ans ! Dans ces moments là, il y a plus d'entraînements. Cela empiète sur les heures de travail. Moi j'adore la piscine, le foot et l'athlétisme !
Puis le soir tout le monde rentre dans son foyer.

Suzanne explique qu'une fois par mois (seulement) je rentrerai à la maison, et aussi une semaine à Noël, une semaine au printemps et 3 semaines en juillet. Il y a même des sortes de colos qui sont organisées l'été. Chacun choisit où il veut aller, et avec qui... Papa et Maman pourront venir me voir, mais pas trop souvent, ça désorganiserait les week-ends qui seraient prévus. Car il paraît qu'on fait souvent la fête !

Il paraît qu'ils organisent aussi des fiançailles quand des couples se forment et que c'est sérieux. Qu'il y a même des sortes de conseillers conjugaux et que parfois les couples vivent ensemble en appartement. Moi pour l'instant j'ai deux amoureuses, rien de bien sérieux. De toutes façons, je suis un beau gosse et j'ai des gros muscles...

Une fois qu'on a bien écouté, on va déjeuner au self du centre. ça tombe bien, j'ai faim ! Mais avant, il faut aller acheter des tickets de cantine à la banque. Oui, il y a une banque au centre, si on a besoin d'argent, c'est pratique !
Il n'y a pas beaucoup de choix dans cette cantine... la viande, c'est du boudin blanc (une sorte de saucisse), avec une sauce aux airelles, et du céleri comme légume. En dessert, il y a une tarte au sucre. C'est mon copain Michaël qui l'a faite, il était dans mon école avant. Il vit ici maintenant.
A la cantine, on a un succès fou. Tout le monde vient nous voir, et dire bonjour à Suzanne. Tout le monde la connaît !
A table, Suzanne parle avec Papa et Maman qui lui posent plein de questions. Elle leur explique qu'il y a 450 résidents (et autant d'encadrants) dont 350 Français. Ils vivent donc essentiellement grâce aux fonds français (de différents conseils généraux) et grâce au 100 Belges restants, ils sont soumis à des contrôles qualité imposés par la loi belge. Je ne comprends pas tout, mais je mange !

Puis, je dois suivre Suzanne pour aller parler à une psychologue. Pendant ce temps, Papa, Maman, Aurélie et Isabelle vont à la cafétaria pour prendre leur café. Ils y rencontrent Michaël, mince, je l'ai râté !

Je ne vous dirai pas ce que j'ai raconté à la psy, c'est privé.
Puis, nous allons visiter le centre avec Suzanne.


le gymnase et la cafétaria à droite

l'intérieur du gymnase

le terrain de foot

les serres où on cultive les fleurs pour décorer le village
 
des appartements (on se croirait à Center Parc)

Puis nous visitons un grand foyer (de 30 résidents). Il n'y a personne, ils sont tous au boulot !



le réfectoire


un des salons télé

le planning des activités (qui va où ?) il y a même du tricot !

La blanchisserie (la dame qui y travaille vit dans un autre foyer, c'est la règle)
 
Là, c'est une chambre dans laquelle je me verrais bien... finalement !
 
Puis nous allons visiter des ateliers. Tout d'abord l'atelier du bois. A l'école, j'aime bien travailler le bois avec Francis mon éducateur. Nous rencontrons Hassan, qui était aussi à l'école avec moi ! Il est très fier de nous montrer les objets qu'il a confectionnés avec ses collègues !




Puis nous allons voir le jardin (en cours de remise en état) où seront cultivés les fruits et autres potirons. Un résident nous explique qu'il a reçu une coupe pour avoir fait pousser un potiron de 54 kilos ! Il était content de nous dire ça...

J'ai bien sûr demandé si on faisait pousser mon fruit préféré : la fraise...

Les ateliers
 
Dans un grand atelier, plusieurs activités sont réalisées. La couture, la cuisine (ça sent bon les spéculos), et à l'étage, on fait la déco sur les objets en bois confectionnés par Hassan.

Ce monsieur est très fier de nous montrer son pêle mêle. Maman est contente : les petits objets qui décorent les boîtes en bois lui rappellent le "strapboutin" (NDLR : scrapbooking, c'est imprononçable)
 
Puis ces objets sont emballés pour être livrés au magasin.

Ces ateliers sont tous répartis dans le village de Neufville. Un très joli village !
 
 
Les belles jardinières réalisées par les résidents de l'atelier espaces verts.
 
Enfin, avec Papa et Maman cette fois, nous avons rendez-vous avec la psychiatre. Une jolie dame. Mais elle me vouvoie, je n'aime pas ça, j'ai l'impression qu'elle parle à quelqu'un d'autre. Elle nous pose plein de questions et nous dit de prendre notre temps, car la séparation va être difficile pour tout le monde. Faudrait savoir, il paraît que j'ai dépassé l'âge de rester à l'école ?
 
La journée se termine, et nous retounons dans la pièce ensoleillée tous en rond. Suzanne nous demande nos impressions. Papa répond qu'il n'existe pas de structure similaire en France, donc on n'a pas le choix. Maman dit que ce qui l'a impressionnée c'est de voir comme les pensionnaires ont l'air heureux, autonomes, et fiers de ce qu'ils produisent.
 
Quant à moi, vient la question fatidique : est-ce que je serais d'accord pour venir vivre en Belgique ?
 
Peut-être !


Nicolas, entouré de David et Suzanne





dimanche 3 février 2013

Week-end à Londres (fin)


Nous sortons du métro à Westmister pour admirer le parlement sur la Tamise. La neige tombe de plus en plus, ça fait jouli :







Puis direction la Tour de Londres (où nous étions arrivés trop tard la veille) pour visiter ce château et les joyaux de la couronne.




La Tour de Londres est un fait un chateau fort. je ne comprends pas bien pourquoi ils appellent ça une tour (ils sont fous ces Anglais)



La tour blanche a été construite par Guillaume le conquerrant (il y a une très belle exposition d'armures à l'intérieur)

Nous avons adoré nous promener sur ces remparts et visiter l'intérieur de chaque petite tour


 
La Tour de Londres est juste à côté du Tower Bridge


La Tour de Londres a accueilli de nombreux animaux sauvages (c'est ici que les Anglais on découvert un éléphant pour la première fois. Celui-ci avait été offert par le Roi de France à Henri III en 1254). Des sculptures en grillage retracent cette époque...
 
 
Nous avons ensuite pu admirer les ors et joyaux de la Couronne, et notamment la couronne et le sceptre d'Elisabeth II, ornés des plus gros diamants du monde, les Cullinan I et II qui ont été extraits dans la mine que nous avions visitée en Afrique du Sud (souvenez-vous). Bon, pas de photo, elles sont interdites !
 
 
Retrouvez tout un dossier bien complet sur la Tour de Londres sur Wikipedia
 
Notre séjour touchant à sa fin, nous partons pour la gare de Kings Cross à la recherche du Quai 9 3/4, celui qui conduit les sorciers à Poudlard...
Nous tournons un peu en rond, ne le trouvant pas, alors j'ose m'adresser aux cheminots londonniens qui m'informent qu'ils l'avaient déplacé (A l'origine il se situait sur le Quai n° 4).
 
Effectivement, en retournant dans le hall de la gare, une file attend patiemment son tour pour prendre "the picture":
 
 
 
Bon, finalement, nous ne partons pas pour Poudlard, mais nous nous dirigeons vers la gare juste à côté, Saint Pancras pour prendre l'Eurostar...
 
Et là, nous apprenons que notre train de 17h30 est supprimé et qu'il faut nous réenregistrer sur celui de 18h... OK...

 
A la douane, il faut enlever son manteau, et là, grand moment pour Nicolas ! Impossible de baisser sa fermeture éclair, elle est coincée. Il panique. Je vais l'aider. Mince, elle est vraiment coincée ! Un douanier vient nous aider. Impossible. Un deuxième, puis un troisième. Un chef douanier dit à Nicolas de passer quand même sous le portique. Il ne veut pas ! On lui dit " Alors enlève le manteau par le haut", il ne veut pas ! Les douaniers sont morts de rire. Fabrice et Lucie nous rejoignent, en repassant par le portique. Super Lulu-les-doigts-de-fée arrive finalement à libérer la fermeture éclair. Nicolas est aux anges et les douaniers applaudissent !
 
L'Eurostar ne partira qu'à 19h finalement. Lors du trajet, la chef nous informe régulièrement de l'heure probable d'arrivée, car en raison de la neige, le traffic est ralenti. A un moment, même, elle nous avertit que les Taxis G7 ont décidé de suspendre leur service... (on s'attendait à ce qu'elle ajoute : "vous n'êtes pas dans la M...").
Finalement, nous arrivons à 23h30 à Paris (au lieu de 20h45 initialement prévu), mais tout s'est bien goupillé : les RER ne se sont pas fait attendre, le parking était bien déneigé à la sortie, et la route était bien dégagée jusqu'au bout !
 
Nous avons vraiment passé un excellent week-end, les filles m'ont dit qu'elles avait l'impression d'être parties une semaine !
A refaire !
 
 

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